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Test Kingdom Come : Deliverance : Realistic Medieval Life Simulator

Dans Tests par XtaZe, le 23 Fév. 2018 à 10:36

Kingdom Come : Deliverance est enfin disponible. Est-il aussi prometteur qu'il paraît l'être ? Réponse dans notre test.

La vie médiévale comme si on y était mais sans magie ni créatures fantastiques ? C'est ce que semble vouloir proposer Warhorse Studios et Deep Silver avec Kingdom Come : Deliverance. Après un long temps en early access, le titre est enfin disponible depuis le 13 février 2018 sur PS4, Xbox One et PC. Vaut-il le détour ? Réponse tout de suite.

Je suis Henry de Skalice

Kingdom Come : Deliverance vous plonge en 1403 dans la Bohême féodale. Vous incarnez Henry, un fils de forgeron, qui souhaiterait plus découvrir du pays plutôt que de rester coincé dans son village à devoir aider son père

Après la mort de l'Empereur Charles IV, c'est Venceslas, un de ses fils qui sera en charge de l'empire de son père. Malheureusement, ce dernier préfère la chasse et les filles faciles aux responsabilités liées à la gestion d'un tel patrimoine ce qui crée un climat de corruption et de guerre. Sigismond roi de Hongrie a bien senti la fragilité de son frère Venceslas et l'a pris en otage afin de pouvoir s'accaparer les richesses du pays en enchaînant les pillages. 

Un jour comme les autres, Skalice devient la proie des cumans de Sigismond et, sous les ordres de Makvart von Aulitz, le village est assiégé causant la mort et la destruction. Bien entendu, les parents d'Henry meurent sous ses yeux lors de l'assaut alors que celui-ci est complètement paralysé. Henry s'enfuie pour prévenir le château voisin alors que les quelques rescapés de Skalice se protègent à l'intérieur du château du seigneur Radzig Kobyla qui tente de survivre à l'assaut.

Une fois les choses calmées, Henry tente de revenir à Skalice afin d'enterrer dignement ses parents. C'est à ce moment qu'il se fera voler l'épée qu'il avait confectionner avec son père pour le seigneur Radzig. Avec toute cette agitation, il n'avait pu lui remettre. 

Désormais, Henry se vouera corps et âme dans la quête de la poursuite de l'épée tout en cherchant le responsable de la mort de ses parents afin de lui faire subir le même sort. 

Au final, sans compter l'épilogue inutile et soporifique qui aurait pu se faire avec un générique déroulant en même temps, le jeu se finira en laissant énormément de questions en suspens. Peut-être que les réponses seront présentes en DLC ou dans une éventuelle suite.  

Fuir les forts, vaincre les faibles

Après un gros chargement nous comptant l'histoire du jeu tel un magnifique court d'histoire, le tout illustré de gravures typiques du Moyen-Âge , c'est parti pour une aventure épique. 

Afin de mener à bien vos quêtes, vous serez amené à convaincre certaines personnes. Afin de convaincre, il existe plusieurs méthodes. La classique corruption peut fonctionner mais d'autres options propres au jeu sont également présentes. Une bonne hygiène peut vous être favorable. En effet, avoir du sang sur vous peut faire peur aux gens et ils seront plus réticents à vous parler. Il en sera de même si vous avez l'air dangereux. Bref, votre réputation sera un point clé du jeu. Autant vous dire qu'il est préférable d'avoir bonne réputation et d'éviter de commettre des crimes afin de ne pas finir en prison. Sachant que les personnages peuvent vous en vouloir si vous commettez certaines actions et pourront vous refuser leur aide. Une autre possibilité est d'augmenter son charisme et son éloquence. 

Vous pourrez également finir en prison si vous fouillez dans des endroits où vous ne devez pas vous trouver, fouinez un peu trop, frappez quelqu'un etc... Enfin, vous finirez en prison si vous ne payez pas l'amende liée à votre infraction ou que vous ne parvenez pas à convaincre le garde qui vous a arrêté.

Les dialogues possèdent un système permettant de choisir une réponse plutôt agressive ou empathique. Les réponses dépendront de vos stats. Le but étant d'avoir de meilleures stats que votre interlocuteur afin que le dialogue fonctionne. En cas d'échec, ce que vous voudrez faire ne fonctionnera pas forcément. Ainsi, augmenter les bonnes stats peut vous éviter les combats qui peuvent s'avérer parfois ardus. 

Et parlons en des combats. Vous aurez bien entendu divers types d'armes tels que des épées, des haches ou des hallebardes mais également des arcs en tant qu'arme secondaire. Là où les autres jeux vous permettent de maîtriser votre arme une fois possédée, Kingdom Come : Deliverance poussera le vice du réalisme assez loin et vous devrez vous entraîner afin de maîtriser vos armes si vous ne souhaitez pas servir de pâté à vos ennemis. Mais même avec de l'entraînement, les combats restent difficiles à maîtriser, ce qui m'a poussé pour ma part à jouer en pleutre, à l'arc, en cherchant divers safe spot afin de progresser sans me faire toucher par les scélérats qui voulaient ma peau. Pourtant, le principe ne semble pas bien compliqué et sur le papier, il ressemble à celui de For Honor, avec des possibilités en plus (Attaque haute, Attaque à gauche, Attaque à droite, Coup bas gauche, Coup bas droite et estoc) mais le realisme veut que sans entraînement, il reste difficile de prise en main en plus d'être très mou et lent alors que les ennemis enchaînent les attaques sans problèmes. 

Ce qui m'a donc poussé à utiliser l'arc qui lui non plus n'est pas forcément des plus précis. Le manque de réticule et l'imprécision des tirs font que l'entraînement est une nouvelle fois la clé du succès. Cette technique de couard permet d'éviter diverses lésions qui peuvent engendrer des saignements et à terme la mort. D'autant plus que votre endurance est proportionnelle à la vie et plus votre vie baisse, plus l'endurance baisse avec et comme les coups coûtent de l'endurance, vous pourrez moins attaquer vos ennemis, rendant les combats d'autant plus difficiles.

On aurait pu s'attendre à des batailles épiques, mais la molesse des combats les rendent plus ridicules qu'autre chose. Combinez à ça une IA déficiente à telle pointe qu'elle semble inexistante. Particulièrement lorsque vous vous retrouvez avec un seul allié en god mode qui se fait frapper de tous les côtés et que vous tentez tant bien que mal d'éliminer un par un les ennemis à l'aide de votre arc.

Mais parlons des missions et des choix car c'est aussi un point central du jeu. Vous pourrez effectuer vos missions de différentes manières et réaliser ou non les objectifs optionnels. Vos actions et choix lors des missions auront un réel impact sur la suite de l'aventure. Autant dire que les possibilités sont très nombreuses.

Pour vous balader dans ce monde dantesque, vous pourrez utiliser le voyage rapide comme dans beaucoup de jeux de maintenant. Mais là où Kingdom Come : Deliverance se démarque, c'est qu'il ne s'agit pas simplement d'un chargement. Vous vous retrouverez sur la carte et vous verrez votre personnage se déplacer et suivre son périple. Ce déplacement sur la carte peut être interrompu par divers facteurs extérieurs (corps sur la route, embuscade, voyageurs, etc...). Dans ce cas, vous aurez un pourcentage d'esquive. Si ce pourcentage est trop bas, votre tentative d'esquive échouera et vous serez forcé de vous arrêter. Bien entendu, vous pouvez vous arrêtez également de votre plein gré si vous souhaitez prouver votre supériorité.

Ce genre de long chargement qui est masqué par autre chose pour faire passer la pilule, ça passe. Les chargements toutes les 30 secondes, pour tout et pour rien et qui, en plus, durent des plombes, ça passe un peu moins.

Une autre bonne idée qui ajoute du réalisme c'est la lecture. Etant fils de forgeron, Henry ne sait pas lire. Mais il peut apprendre et il devra d'ailleurs le faire pour progresser dans l'aventure. Ainsi, avant de savoir lire, Henry verra les livres avec les lettres dans le désordre. Après avoir appris à lire, le texte sera beaucoup plus déchiffrable. 

Votre personnage, en plus de sa barre d'endurance et de santé, possède une barre d'énergie et de nourriture. L'énergie se regagne en dormant et la nourriture en buvant mais surtout en mangeant. Et pour ce qui est de la nourriture, elle possède une fraîcheur et une durée en jour. Une fois passé ce délai, à vous l'intoxication alimentaire. Je vous conseille donc l'atout Poubelle Humaine, pour pouvoir tout manger sans aucune contrainte. Pour ce qui est de l'alcool, il permet surtout d'oublier ses soucis, de voir trouble et de finir mal, bref, on a vraiment l'impression de vivre une vraie vie, mais au Moyen-Age. 

Et d'ailleurs en parlant d'alcool, Kingdom Come : Deliverance propose un système de sauvegarde légèrement douteux. Le jeu sauvegardera automatiquement à certains moments clés ou parfois lorsque vous dormez mais sinon la sauvegarde se fait via un schnaps de sauveur. Comment ne pas finir alcoolique avec tout ça... 

Des bugs comme s'il en pleuvait

Kingdom Come : Deliverance utilise le CryEngine. Cependant, seul Crytek sait maîtriser cet engine. On a déjà pu le constater avec Homefront : The Revolution qui avait une technique douteuse et c'est également la même chose pour le titre de Warhorse Studios.

Heureusement, en soi, le jeu n'est pas horrible. Il a de belles contrées, très authentiques, l'ambiance médiévale est retranscrite à merveille dans les villages et la modélisation de certains visages est plutôt réussie; même si pour les villageois il en est autrement, les uns ayant la même tête que les autres.

Le réalisme est le maître mot du jeu. Egalement au niveau des casques avec certains qui cachent légèrement la vue, ce qui favorise l'immersion. Bien entendu, cela a déjà été fait, mais c'est encore très rare.

Malheureusement, le jeu possède énormément de problèmes techniques. Commençons par un clipping affreux, à tel point que dans certains villages, certains décors sont invisibles, donnant ainsi l'impression d'être en dehors de la map. Bien entendu, il y a aussi du popping et des textures qui préfèrent ne pas charger du tout.

La vie médiévale comme si on y était

Si le voice acting du jeu est plutôt de qualité avec du beau monde qui prête sa voix, le problème reste toujours le même : la technique.

La synchro labiale est à l'ouest. Parfois le personnage parle, mais ses lèvres ne bougent pas mais ça reste pardonnable. Le pire c'est lorsque qu'il n'y a pas de voix, alors que le personnage parle et que les sous-titres indiquent ce que le personnage dit. N'oublions pas également le traditionnel switch de langue. Quel plaisir d'avoir un personnage qui parle dans la langue de Molière et son interlocuteur qui lui répond dans la langue de Shakespeare. Encore pire, les problèmes de record qui restent dans le jeu. Par moment, on peut entendre l'acteur reprendre sa phrase. En soi, il n'y a rien de mal, mais ça ne se laisse pas tel quel dans le jeu, surtout quand ce n'est pas voulu.

Et quand ce n'est pas la voix elle même qui est à l'ouest, ce sont les sous-titres qui sont à l'est et qui ne correspondent pas à ce que dit le personnage. Je ne parle pas de quelques petites libertés prises par l'acteur quant au texte mais de décallage complet entre la phrase et le sous-titre qui correspond généralement à la phrase d'après ou d'avant. Combinez à ça une caméra qui prend parfois des libertés artistiques, et vous obtenez le combo dialogue foireux.

Et pour parler du texte, notons également que parfois le texte s'affiche en vitesse et disparaît tout aussi vite, ce qui ne donne pas le temps de le lire, particulièrement quand vous passez en vitesse à cheval.

Pour les musiques, elles ne sont pas toujours présentes mais lorsqu'elles le sont, elles font bien le taf. Elles nous plongent à 200% dans l'ambiance médiévale avec de la flûte ou de la harpe. Et lorsqu'elle est absente, le sound design est reposant et apaisant. 

Quant aux cinématiques, bien que très nombreuses, elles fonctionnent souvent très bien et permet de donner de l'epicness là où le jeu peine parfois à en donner, particulièrement dans les batailles.

Notre test vidéo de Kingdom Come : Deliverance

Les plus

  • Le réalisme
  • Un cours d'histoire très intéressant
  • Excellentes idées de gameplay
  • De réelles conséquences suivant vos choix
  • Les musiques qui collent à l'ambiance
  • Un voice acting sympa

Les moins

  • L'IA inexistante
  • Les combats difficiles à prendre en main
  • L'imprécision à l'arc
  • Le verrouillage auto inutile
  • La technique à la ramasse
  • Les problèmes de son
  • Les chargements pour tout et pour rien
  • Le crochetage pas toujours aisé
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Kingdom Come : Deliverance est une perle recouverte de saletés. Son authenticité historique et ses excellentes idées à foison en font un titre original et novateur pour les amateurs de RPG, malgré un temps d'adaptation nécessaire en raison d'une prise en main qui peut paraître difficile de prime abord. Cependant, la technique a dû périr à Skalice et entache grandement l'expérience de jeu. Énormément de bugs sont présents et une fois de plus, on peut constater que le CryEngine n'est pas maîtrisé. Mais le potentiel est là et avec quelques changements et réglages de bugs, le jeu pourrait facilement tirer son épingle du jeu et conquérir les joueurs avides de connaissances historiques et d'aventures.

Sujets : Kingdom Come Deliverance Deep Silver Warhorse Studios

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