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Critique Suicide Squad : le casting en partie réussi ne sauve pas la pauvreté du film

Dans Critiques par Curry, le 03 Août. 2016 à 18:10

Après plus d’un an de battage médiatique, Suicide Squad débarque enfin au cinéma. On vous livre notre verdict sur l’un des films le plus attendus de l’année.

En mars 2016 débarquait sur nos écrans Batman V Superman Dawn of Justice de Zack Snyder. Le film était chargé de lancer « officiellement » le DC Cinematic Universe. Mission partiellement accomplie puisque la critique, contrairement aux fans, n’a pas été au rendez-vous et s’est chargée de descendre le film en flèche. Première mésenvature de Warner Bros et DC face à leur concurrent Disney, maison mère des films Marvel.

Suicide Squad annoncé, le public et la presse y voyaient en lui le messie capable de retourner la situation à l’avantage de DC. Avec un casting de fou furieux, des personnages intéressants et un concept aux antipodes de ce qui se fait actuellement dans le genre super-héros, Suicide Squad nous promettait une expérience hors du commun. Des promesses qui sont très loin d’avoir été tenues après avoir vu le film. Explications.

Un cruel manque d'ambition

Après avoir fait la connaissance de Superman à Metropolis, la population mondiale est divisée en deux parties. La première vénère le fils de Krypton comme un Dieu. La seconde, à l’image d’Amanda Waller et Bruce Wayne, le craint comme la peste, y voyant une menace pour le monde. Amanda Waller (Viola Davis), qui dirige une unité secrète, décide alors de créer le Suicide Squad. Un groupe de super-villains les plus puissants afin de riposter en cas d’attaque de cette envergure. L’équipe se forme alors lorsque June Moone, alias l’Enchanteresse (Cara Delevingne) qui devait elle aussi rejoindre l’escadron, perd le contrôle de ses pouvoirs et réveille une entité voulant dominer le monde et réduire l’humanité à néant.

Les premières minutes du film sont très encourageantes. On y trouve l’humour et le côté décalé de ce que promettaient les nombreuses bandes annonces. Mais l’enthousiasme se perd très vite et le reste du film n’est qu’un recyclage de ce que vous avez déjà vu ailleurs. Les promesses faites au public ne sont pas tenues. Suicide Squad fonctionne sur un scénario sans profondeur qui n’offre aucune surprise ni retournement(s) de situation. Le film de David Ayer souffre d’un cruel manque d’ambition. Avec toutes les fans théories précédant la sortie des films de super-héros, on s’attend à des expériences surprenantes, inédites. Il va bien falloir finir par se faire une raison. Ce n’est pas demain la veille. Ça devient presque aberrant de se dire que l’audience a plus d’imagination que les studios et les réalisateurs.

Par contre, Suicide Squad est merveilleusement habillé par une bande son réussie qui mêle les 80’s et 00’s et qui permet au film d’avoir sa propre identité grâce à l’éclectisme des chansons qui la composent.

Un casting qui tient la baraque

Tout n’est pas à jeter dans le film. L’un des principaux atouts de Suicide Squad se trouve dans la force de son casting et leur interprétation des personnages. Bien sûr certains sont bien plus mis en valeur que le reste de l’équipe. On pense à Deadshot (Will Smith) et Harley Quinn (Margot Robbie). Le premier captive par son côté plus « humain » que les autres. Sa relation avec sa fille y est pour quelque chose. La seconde brille par son charisme naturelle. Elle n’est pas irréprochable certes mais c’est elle qui représente l’aspect comique du film. À l’écran, le duo fonctionne très bien - les deux ont travaillé ensemble dans Focus -, leur alchimie est sans doute un clin d’oeil au comics.

Un autre membre du Squad fait son petit effet et est incontestablement l’un des sauveurs du film. Il s’agit de Chato Santana dit El Diablo (Jay Hernadez). À l’instar de Deadshot, il arrive à trouver grâce auprès du public par son humanité. Son combat intérieur et sa dualité auraient peut-être mérité un développement approfondi. La présence des autres membres du Squad reste anecdotique. Chacun à son petit moment de gloire malgré tout. David Ayer avait déjà montré sa faculté à gérer des grosses têtes dans Fury.

Ce qui peut-être un poil dérangeant dans Suicide Squad, c’est la vitesse à laquelle tout s’enchaîne dans le dernier quart d’heure. Les protagonistes deviennent potes trop rapidement alors qu’ils ne se connaissent que depuis quelques heures. On comprend que certains soient en quête de rédemption mais il ne faut pas oublier qu’avant tout, le Suicide Squad est une équipe de super-villains. Et on perd cet aspect là sur la fin du film.

On vous avait dit de ne pas s’inspirer d'Apocalypse

Ce qui fait la réussite d’un film de super-héros, outre ses héros, c’est aussi son bad-guy. Celui que les protagonistes craignent et qui doivent inspirer la peur et la crainte chez le public.

D’une part, on a l’Enchanteresse. Une force mystique vieille de plusieurs milliers d’années qui veut détruire l’humanité en construisant une machine qui, forcément, envoie un gros rayon laser bleu dans le ciel. La géolocalisation 2.0 ! On avait déjà vu ça dans Transformers Dark of The Moon ou encore Avengers premier du nom. On doit sûrement en oublier certains en cours de route mais vous voyez à peu près où se trouve l’inspiration à Hollywood. Le pire reste à venir. On avait prévenu dans notre critique d’X-Men Apocalypse qu’il ne fallait surtout pas s’en inspirer pour créer un méchant réussi. Il faut croire que Warner Bros n’a pas lu notre critique. L’Enchanteresse a été affublée d’une voie grotesque. C’est un sketch. On y croit pas une seconde. Sans parler du jeu très léger de Cara Delevingne. Pourquoi tomber à chaque fois dans le cliché de la voix rauque qui résonne ?

Passons aux choses sérieuses, une promesse d’un an. Faites par l’équipe de production, par le réalisateur et par l’interprète lui-même. Le Joker ! Pendant plusieurs mois, on a du subir les photos de Jared Leto complètement barjo et les témoignages d’un casting qui rapportaient qu’il ne quittait jamais son rôle. Forcément l’attente et les propos étaient tels qu’on se disaient que le Joker d’Heath Ledger pouvait peut-être être égalé. Un peu comme Ben Affleck et Christian Bale en Batman. Et bien figurez-vous que non. L’interprétation du Joker de Jared Leto est loin d’être inoubliable. Son jeu est excessif. Très loin de celui de Heath Ledger qui avait marqué les foules dans The Dark Knight. On est loin de trouver un Joker aussi doué.

Suicide Squad Trailer VOST

12

Suicide Squad est une semi-déception. De part les promesses qu’il n’a pas respectées ainsi que le manque d’ambition et d’originalité dont il souffre. On retiendra un casting cinq étoiles qui parvient néanmoins à tenir la baraque et une bande son au top. Le catalogue DC est riche et varié. Le DC Cinematic Universe en a encore sous le coude. Tous les regards sont désormais tournés vers Wonder Woman. Un conseil, restez pour le générique.

Sujets : Suicide Squad Warner Bros DC Comics Batman Joker critique Suicide Squad

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