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Critique Independence Day : Resurgence : un vide intersidéral

Dans Critiques par DavidMb, le 21 Juil. 2016 à 22:32

Vingt ans après Independence Day, Roland Emmerich remet le couvert avec sa suite, Resurgence. L'attente en valait-elle la peine ? Pas vraiment. On vous explique

War of 1996

Independence Day, le blockbuster de 1996 qui a explosé le box-office et renouvelé le genre de la science-fiction à coups d’effets spéciaux dantesques, est de retour. Vingt ans après...

L’histoire du premier film ? Une masse d’environ un quart de celle de notre lune, est detecté en approche de la terre. À l’interrogation succède la stupeur lorsqu’une demi-douzaine d’engins de 25 km2 s’en détachent pour venir se placer au-dessus des plus grandes villes du monde. La suite, on la connaît. Les aliens viennent anéantir la race humaine et en profitent également pour venir pomper toutes les ressources naturelles de la terre. Scénario bêta, mais effet garanti. Le patriotisme américain est poussé à son paroxysme, l’humanité s’en sort grâce à une poignée de compatriotes de l’oncle Sam. Will Smith qui, il faut bien le reconnaître, porte le film devient une star planétaire.

Les Aliens volent la vedette

Vingt ans après, les Aliens sont de retour. Autant d’années laissaient présager une suite au scénario plus étoffé. Il n’en est rien ! Will Smith excepté - il n’a rien raté -, les protagonistes du premier opus ont répondu présents, avec quelques nouveaux dont Charlotte Gainsbourg et une nouvelle géneration qui comprend Jessie Usher, Liam Hemsworth et Maika Monroe entre autres.

Roland Emmerich nous raconte donc que vingt ans plus tard, en récupérant la technologie alien, l’humanité a bien évolué et a pu créer un système de défense spatial, dont une base lunaire. Si l’intro du film se concentre sur cette évolution, c’est bien là une de ses seules qualités.

Le gros défaut d’Independence Day version 1996 était son scénario, aujourd’hui il paraîtrait presque comme une qualité. Emmerich a fait du neuf avec du vieux, en pire. Car si les personnages du premier opus avaient un minimum de profondeur et de charisme, aujourd'hui, le charisme on le retrouve chez les aliens qui sont, à mes yeux, les véritables stars du film. On en apprend plus sur eux que sur les nouveaux personnages, ous dans la caricature à souhait. L’invasion de 1996 avait révolutionné le cinéma du genre, sauf que depuis d’autres films ont fait mieux, La Guerre des Mondes de Steven Spielberg par exemple.

Du sublime au très laid

Des personnages inexistants, les anciens font acte de présence, Jeff Goldblum fait comme il peut, Bill Pullman à l’air de se demander ce qu’il fait dans cette galère, Brent Spiner alias le décalé Docteur Okun se réveille vingt après, toujours dans l’humour, sauf que l’on préférait son humour vingt ans plus tôt. Un montage douteux, tout le gouvernement des Etats-Unis disparaît en une demi-seconde, ce qui en fait une des scènes les plus frustrantes du film, et ce n’est pas la seule. Quant au tout numérique, je ne suis pas contre, quand c’est bien fait. Ce n’est pas le cas ici. La scène de la commémoration est hideuse, digne d’un téléfilm catastrophe. Le problème est que l’on passe du sublime au très laid. Inadmissible avec ce budget. Les destructions prennent quelques minutes du film, le vaisseau de 5000 km de diamètre est tellement énorme qu’à l’écran il n’impressionne pas, aussi beau soit-il.

Enfin, parlons maintenant de l’histoire, en tout cas de l’intrigue. La reine alien se déplace donc elle-même sur Terre pour se faire vengeance. Les scénaristes de la série SF Falling Skies auraient dû demander des droits, car oui ce n’est pas original. Sans oublier les pseudos ennemis des aliens belliqueux. Kenneth Johnson, créateur de la série V devrait y voir un petit clin d’œil, à défaut d’autre chose. On comprend mieux le fonctionnement de cette « ruche » autour de leur reine et la façon dont ils tirent bénéfice de leur puissante technologie. Cela aurait pu être prometteur, mais Emmerich semble vouloir nous conter rapidement cette suite - qui fait partie logiquement d’une trilogie -, pour mieux préparer la suite.

Independence Day Resurgence Trailer VOST

6

Le gros problème, est que l’univers raconté dans cette suite est tellement bâclé et narré à la vitesse lumière, que la sauce ne prend pas et qu’arrivé au générique de fin, On ne s’intéresse à rien dans ce second volet, la surprise et l’époustouflant de 1996 a laissé place en 2016 à l’indifférence et l’ennui. Ce film est un Independence Day à la sauce moderne, boosté aux hormones numériques qui a perdu au passage le charme et l’humour second degré du premier volet. Dommage.

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