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Critique Warcraft : le Commencement : Encore un râté

Dans Critiques par Curry, le 26 Mai. 2016 à 21:19

Warcraft : le Commencement débarque enfin au cinéma. Duncan Jones ne nous a pas fait un cadeau. Voilà les raisons pour lesquelles je n'ai pas aimé.

Après une décennie d’attente, l’adaptation du célèbre jeu-vidéo Warcraft débarque enfin sur nos écrans. Mis en scène par Duncan Jones, Warcraft est la réalisation d’un rêve de gosses pour tous les aficionados de la saga. Malheureusement ça ne l’est pas pour moi. Non pas que je m’opposais à l’idée de voir le jeu adapté au cinéma. Non, simplement car je ne suis pas un féru de l’univers de Blizzard et que je n’y ai jamais joué. Néanmoins, l’engouement autour du film a été tel que ce Warcraft a finalement suscité mon attention. C’est avec le coeur léger et plein d’entrain que je me suis rendu au cinéma. Vous l’aurez compris, je n’ai pas vu le film comme le ferait un fan mais plutôt comme un consommateur lambda.

Warcraft démarre et on est tout de suite plongé dans la situation d’urgence des orcs. Leur planète se meure alors leur sorcier, Gul’dan, ouvre un portail afin de les envoyer sur une nouvelle terre à coloniser. Il s’agit du paisible royaume d’Azeroth où régnait la paix, jusqu’à présent… Pour activer cette brèche, il aspire l’énergie de ses prisonniers en utilisant une magie que seul lui maîtrise, le Fel. L’introduction peut sembler bien trop brutale pour les non-adeptes de l’univers de Blizzard et la peur se fait sentir dès les premières minutes. Mais ce ressenti est accentué lorsque l’on se rend compte de la faiblesse de l’écriture. Avec la richesse des éléments qui constituent le monde de Warcraft, il y avait matière à faire un scénario bien plus complexe. Là Duncan Jones se « contente » de nous donner une guerre sur fond de performance technique.

Révolution technique ? Pas vraiment

Le problème, c’est que l’on y croit pas une seconde. Même le travail d’ILM déçoit. Les environnements ne dégagent rien, tout paraît factice. Par contre, la modélisation des orcs impose le respect. Les détails sur Durotan et Orgrim sont d’une précision stupéfiante. Le réalisateur l’a bien compris et joue énormément des gros plans pour que l’on puisse admirer les pores de leur peau et leurs cicatrices. Malheureusement, la claque esthétique s’arrête là. En plan large, les orcs sont beaucoup moins spectaculaires et le rendu s’avère bien trop numérique. On comprend l’acharnement de certains metteurs en scène à favoriser les effets spéciaux aux effets visuels. Michael Bay a beau avoir beaucoup de détracteurs, il n’en reste que ses films Transformers vieillissent bien. Et ce sera identique dans une dizaine d’années. Ce qui ne sera pas forcément le cas de Warcraft.

On aurait alors pu s’attendre à prendre son pied devant les scènes d’actions. Malheureusement Duncan Jones n’avait pas l’air très inspiré. On ne retiendra rien de celles-ci. On lui reconnaîtra certains éclairs de génie. Comme cette séquence qui nous montre le voyage des orcs entre les deux portails. Ou encore le rappel au jeu-vidéo avec ces plans vu du haut et la caméra qui navigue de cités en champs de bataille. Mais entre ces moments d’ébahissement vous vous ennuierez considérablement.

Mais où on est là, où on est ?

Les acteurs eux-mêmes on du mal à y croire. C’était d’ailleurs le risque de tourner autant sur fond vert. Ça du être très dur pour les comédiens de se plonger dans un monde qu’ils ne connaissaient pas forcément avant. En résulte une oeuvre hybride qui ne brille, ni par l’authenticité de son jeu d’acteur, ni par ses répliques niaises et encore moins par le relief de ses personnages. Ils sont présentés de telle sorte que vous puissiez déjà anticiper le dénouement. Du traitre qui trouvera la rédemption au vilain qui sert ses propres intérêts en passant par le couple "mixte", Warcraft n'offre aucune surprise ni de twist. Duncan Jones se contente de nous refourguer clichés sur clichés. À un certain moment, ça en devient navrant.

Finalement, Warcraft : le Commencement ressemble à un long fan film de deux heures. Et pour le coup, le film porte bien son nom. C'est à la fin que les choses se debloquent et que l'on apprend que l'on a assisté à un prologue. Ce qui justifie le vide du film et nous permet de pousser un ouf ! de soulagement. Mais le tout reste amer. Comme sinon avait été pris pour des idiots. En espérant que ses suites sauront gagner en qualité.

10

Warcraft : le Commencement s’avère être surtout une oeuvre pour les fans. Ces derniers seront sans doute plus amusés de pouvoir reconnaître certains objets du jeu et identifier tous les easter eggs. Pour le reste ça sonnera creux, d’un vide abyssal. Tout le budget semble avoir été alloué à la post-production au détriment de l’ambition. Warcraft ne réussit pas à redorer le blason des adaptations de jeux-vidéo au cinéma. Tout repose désormais sur les épaules de Justin Kurzel et Assassin’s Creed.

Sujets : Warcraft critique Warcraft Blizzard Duncan Jones Universal

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