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Test Uncharted 4 : A Thief's End : La claque attendue

Dans Tests par Curry, le 09 Mai. 2016 à 15:37

Uncharted 4 : A Thief's End arrive sur Playstation 4. Le titre de Naughty Dog est bel et bien le chef d'oeuvre annoncé. On vous dit pourquoi.

Après plusieurs reports, Uncharted 4 : A Thief’s End débarque enfin en exclusivité sur Playstation 4. Le jeu clôt la saga initiée en 2007 avec Drake’s Fortune. Il est développé par Naughty Dog et édité par Sony. Après son annonce officielle et arrivée 5 ans après son prédécesseur Drake’s Deception, cet épisode annoncé comme l’ultime de la saga nous a-t-il mis d’accord ? C’est bien plus que ça !

FLASHFORWARD

À l’instar des épisodes 2 et 3, Uncharted 4 s’ouvre une séquence d’action dynamique. Celle-ci se déroule en mer. On pilote un bateau aux côtés de Sam, le frère de Nathan. Les deux hommes sont pris en chasse et doivent accoster sur une île. Among Thieves démarrait aussi de la sorte avec la fameuse séquence du train suspendu à la falaise dans un décor enneigé. 

Puis on poursuit avec une séquence qui nous replonge dans l’enfance de Nathan et explore la relation qu’il entretient avec son frère. On retrouve un côté très Spielberg dans cette scène. Naughty Dog aime soigner sa narration. Ce qui est amusant, c’est que ce sont les premières phases de plateformes de Nathan. Dans l’animation du personnage on sent qu’il n’est pas en confiance, qu’il est apeuré et qu’il doute. Ses gestes le trahissent. Les prémices d’un aventurier !

Puis après avoir lancé cette nouvelle aventure, les gars de Naughty Dog nous lancent un générique d’intro façon God of War 3. On retrace tous les événements survenus dans les trois épisodes de la trilogie sur le thème mythique qui habillait les écrans titres de ceux-ci.

LE GARDIEN DE MON FRÈRE

Quelques années après Drake’s Deception, Nate mène une vie tout ce qu’il y a de plus normal. Il est désormais marié à Elena. Il a pris un léger coup de vieux. Mais sa vie actuelle ne lui convient plus. Ses périples aux côtés de Sully, Elena, Cutter et Chloé lui manquent. Au fond, Nate est un aventurier, c’est sa destiné. Tout va alors changer lorsque son frère, Sam, lui dis qu’il est entre la vie et la mort car il a une dette envers le caïd Hector Alcazar. Il lui parle d’une expédition pour trouver le trésor du célèbre pirate Henry Avery estimé à plus de 400 millions d’euros qui lui permettrait de mettre ses comptes en ordre et de sauver sa vie. Nate est dans les starting blocks et accepte la proposition de son frère.

Dans les premières heures de jeu, qui m’ont étrangement rappelées le début d’Uncharted 2, l’accent est mis sur les cinématiques. Elles seront très nombreuses. Au point que vous ne serez pas beaucoup pad en main. Mais elles sont nécessaires pour poser les bases de l’épilogue de la saga. Un épisode tourné sur l’humain et moins sur le spectaculaire. Une nouvelle histoire un peu plus cousue qui a pris racines bien des années avant. Dans le traitement, on sent l’amour que Naughty Dog porte à sa licence et à ses personnages. Ils sont profonds et emplis d’émotions. Si on creuse autant l’âme de chacun, c’est aussi pour faire des adieux en bonnes et dues formes. Parce que oui, c’est ce qu’est Uncharted 4. Le nombre de références aux anciens épisodes en est la preuve. Faire remonter les souvenirs des joueurs, faire une rétrospective de tout ce qu’on a découvert pendant cette épopée d’environ dix ans et qui nous a menée à ce moment fatidique, c’est comme ça que Naughty Dog nous prépare lentement à dire au revoir à Nathan. Neil Druckmann et Bruce Straley ont rendu hommage de la plus belle des manières à leurs personnages. Sans tomber dans la niaiserie, le jeu parvient à nous émouvoir. Une réussite qui trouve sa source dans le jeu d’acteur des principaux héros. En résulte un ton plus sombre et mature. Chaque protagoniste à ses blessures et ses cicatrices. Le tout au service d’une narration

En parlant des protagonistes, Naughty Dog réussi un sacré tour de force en introduisant Sam dans ce quatrième épisode. Il semblait d’emblée compliqué de rendre ce personnage attachant alors que nous avions déjà Victor Sullivan ou Elena Fisher. C’est une succès total. Sam fait partie intégrante de l’histoire et se rend même indispensable.

ON NE CHANGE PAS UNE ÉQUIPE QUI GAGNE

Avec Uncharted 4, Naughty Dog n’a pas réinventé la roue. Le gameplay est similaire à celui des précédents opus. Pourquoi bousculer des codes qui ont fait leurs preuves jusqu’à présent ?

Furtivité

Naughty Dog a tenu a mettre en avant les phases de combats au corps à corps. Ils sont remarquablement bien mis en scène. La caméra est bien plus rapprochée afin d’accentuer l’immersion. On aurait presque envie de ranger les armes et faire ça à l’ancienne pendant tout le jeu. On sent d’ailleurs que les développeurs nous poussent indirectement à favoriser l’approche furtive. Il n’y a qu’à regarder la liste des trophées pour s’en rendre compte. Un sentiment appuyé également par le nombre important de zones à hautes herbes ou à feuillage dense. Elles permettent de pousser la furtivité un chouia plus loin. Ça offre aux moins bourrins d’entre nous la possibilité d’éviter les gunsfights. On peut verrouiller un ennemi pour se concentrer exclusivement sur lui. Il dispose d’un indicateur de menace. Si il détecte votre présence sa jauge se remplit. Il vous faut alors déguerpir le plus vite possible. L’inconvénient c’est que l’IA n’est pas très intelligente puisqu’il arrive que l’on passe devant des ennemis, qui sont assez loin certes, et qu’ils ne nous remarquent même pas.

The Last of Us

Le dernier jeu signé Naughty Dog est The Last of Us sorti en 2013. Le chef d’oeuvre du studio californien empruntait déjà beaucoup à Uncharted tout en introduisant ses propres mécaniques de jeu. A Thief’s End s’inspire lui aussi de The Last of Us en reprenant les conversations optionnelles. On nous offre également la possibilité de choisir entre plusieurs réponses lors de certains dialogues. Ils n’influent pas sur la progression de l’histoire mais servent de références aux anciens opus. On pense notamment aux retrouvailles entre Nate et son frère. Ce dernier vous demande ce que vous avez fait ces quinze dernières années. Votre réponse sera sans doute représentative de l’épisode que vous avez préféré. Qui a dit Shambhala ?

Gunfights

Ils sont beaucoup moins présents qu’à l’accoutumée. Le studio californien a remarquablement dosé les diffèrentes phases que peut offrir Uncharted 4. Vous jonglerez avec un équilibre quasi parfait entre séquences de tirs, plateformes, énigmes et cinématiques. On notera tout de même qu’ils sont bien mieux chorégraphiés. On ressent désormais la puissance des armes à feu ou les détonations des explosifs.les éléments du décor volent en éclat et offre un spectacle pyrotechnique de toute beauté.

Piton / Grappin / Glissade, les nouveautés

Deux nouveaux outils s’ajoutent à l’inventaire de Nathan. En effet, notre héros possède désormais un grappin et un piton. Ces deux objets seront disponibles à un certain stade de l’aventure. Le grappin fait son apparition en début de partie. Il vous permet de vous balancer pour atteindre des zones trop éloignées ou encore de monter/descendre des falaises en rappel. Le piton fonctionne exactement comme le piolet que l’on a pu trouver dans le reboot de Tomb Raider en 2013. Il permet de s’agripper à des parois rocheuses. Enfin, Nathan peut désormais se laisser glisser sur des falaises à peine inclinée.

Il y a énormément de séquences d’escalade dans A Thief’s End. L’ajout du piton ainsi que du grappin permet de rendre ces moments moins monotones et de varier les ascensions de Drake. Il vous arrivera donc d’enchaîner des glissades, de sauter, jeter votre grappin à un poutre en bois pour vous balancer, sauter et atterrir sur une paroi rocheuse en y plantant votre piton. D’ailleurs les sauts sont peut-être un poil plus réalistes mais ils sont toujours le point faible de l’animation.

Monde semi-ouvert ?

Dans Uncharted 4, il est désormais possible de conduire des véhicules. Vous pourrez donc prendre le volant d’une Jeep lors de la séquence à Madagascar. Ici, vous n’êtes pas condamné à suivre un couloir et tirer bêtement sur les autres véhicules qui veulent vous dézinguer. Les zones sont larges. Vous pouvez y errer tant que vous le voulez et même descendre de l’auto pour explorer les alentours à pieds. Certains trésors sont d’ailleurs cachés dans ces dites zones. Le véhicule est équipé d’un treuil qui, une fois accroché à un spot assez solide - ils sont indiqués par un symbole en forme de crochet - vous aidera à accéder à des zones surélevées.

Nathan a aussi la possibilité de plonger sous l’eau. Forcément, des trésors vous attendent au fond de l’océan indien. Cela ne révolutionne pas forcément le gameplay mais offre aux joueur le plaisir de découvrir les fonds marins. Et ils sont aussi soignés que les décors somptueux à la surface.

Tout ces nouveaux éléments permettent de donner un aspect de monde semi-ouvert à Uncharted 4. Les phases sont moins dirigistes. Il en va de même pour les moments d’exploration. Vous avez une zone assez large que vous pouvez ratisser au peigne fin mais il y a toujours une seule et unique issue. Cependant, votre approche pourra être différente à chaque fois. Certains privilégieront les corniches tandis que les autres s’éclateront à se balancer comme Tarzan pour passer de plateforme en plateforme.

SERAIT-CE UN TABLEAU ?

Vous vous l’imaginez sûrement mais ce qu’a accompli Naughty Dog graphiquement avec Uncharted 4 : A Thief’s End relève de la prouesse technique. Vous pouvez essayer tant que vous le pouvez de vous représenter ce à quoi vous attendre, ce n'est rien comparé à la gifle que vous allez prendre pad en main. Les panoramas que distillent le titre sont imprenables. Tout est fait pour que vous vous arrêtiez constamment pour profiter du paysage qu’ont modélisés les artistes du studio californien. Naughty Dog a fait les choses dans le détail. C’est d’ailleurs en ça que je pense qu’une deuxième partie est peut-être nécessaire pour profiter un maximum de l’histoire. Car lorsque qu’on insère le jeu les attentes sont avant tout tournées vers la beauté du jeu ainsi que l’épilogue et ce ressenti éclipse quelques peu les fondements de l’intrigue.

Rien n’a été négligé et tout participe à l’ambiance si particulière que procure le jeu. Les jeux de lumières sont splendides et que dire du brouillard et de la brume épaisse, du ciel, des nuages, des montages, de la végétation, la mer. La liste peut-être encore longue. En tout cas, vous pourrez immortaliser tous ces moments grâce à un mode photo des plus complets.

Les nombreuses escales de Nathan et son frère offrent au joueur un dépaysement certain. Des décors enneigés de l’Écosse, aux tropiques de l’île de Saine Marie en passant par les plaines de Madagascar. La séquence qui s'y déroule fait sans doute partie des plus spectaculaires du jeu. Le tout est porté par une bande son qui se marie bien avec le thème abordé, la piraterie. On se croirait par moment dans un opus de Pirates des Caraïbes ou Les Goonies.

LE VOYAGE DU HÉROS

Uncharted 4 : A Thief’s End est plus long que ses aînés. Comptez une quinzaine d’heures pour venir à bout du mode histoire en difficulté normale. Pour les amoureux de challenge, le mode extrême est disponible dès le départ. Vous pourrez également vous amusez à récupérer tous les trésors ainsi que les entrées et les notes du journal de Drake. Les trophées pourront aussi rallonger l’aventure de quelques heures. Il en va de même bien sûr pour le mode multijoueur.

Mais alors, c’est vraiment la fin d’Uncharted ? La fin divisera sans doute les joueurs. En évitant les spoilers, elle se divise en deux parties. La première est un peu décevante car moins impressionnante que ce à quoi nous avions été habitué. La seconde partie quant à elle est l’épilogue du jeu et de la saga. Contrairement à de nombreux échos, je n’y ai pas vu d’ouverture en particulier, mais une manière de dire au revoir de la plus belle des manières.

Les plus

  • Magnifique sur tous les plans
  • Une mise en scène de dingue
  • La distance d’affichage
  • La durée de vie
  • Les références
  • La narration
  • Sam
  • Plus mature et émouvant
  • L'épilogue

Les moins

  • La fin
  • Je cherche encore...
19

Uncharted 4 assume totalement son côté film interactif. Avec une narration soignée, des détails minutieux et un acting peaufiné, le spectacle n’en est que plus beau. En résulte un mélange savamment équilibré qui s’éloigne de ce que les autres opus proposaient sans en altérer la formule. Magnifique, somptueux, mature, émouvant. Les qualificatifs sont nombreux pour décrire la dernière aventure de Nathan Drake sur console. Naughty Dog signe donc une fois de plus un titre qui servira non seulement de vitrine technologique pour la PS4 mais également de porte-étendard à une console qui peut se targuer d’avoir donné naissance à l’une des plus majestueuse saga vidéo-ludique. Chapeau bas !

Sujets : Uncharted 4 A Thief's End Naughty Dog Sony Playstation test Uncharted 4

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