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Critique The Revenant : Le chef d'oeuvre annoncé ?

Dans Critiques par Curry, le 28 Fév. 2016 à 19:57

The Revenant d'Alejandro G. Inarritu et avec Leonardo DiCaprio est désormais en salle. Le nommé à l'oscar du meilleur film est-il la claque annoncée ? Verdict

The Revenant est le nouveau d’Alejandro Gonzalez Inarittu. C’est l’homme derrière Birdman, le film qui a glané quatre récompenses lors de la 87ème cérémonie des Oscars en 2015. Cette année encore, Le réalisateur sera présent au Oscars. Il est en lice pour rafler douze récompenses. The Revenant pourrait d’ailleurs offrir le premier oscar à Leonardo DiCaprio dans la catégorie du meilleur acteur.

Le roman de Michael Punke comme point de départ

The Revenant est adapté du roman éponyme de Michael Punke, lui même inspiré de faits réels. On est en 1823, Hugh Glass (Leonardo DiCaprio) est un trappeur-éclaireur. Lors d’une expédition en terre arikara, il se fait attaquer par un grizzly qui le lacère et le blesse grièvement. Devenant un fardeau à transporter par ses coéquipiers, ceux-ci désignent trois personnes qui doivent veiller sur lui en attendant qu’il se remette des ses blessures. Mais Glass va vite déchanter puisqu’il se fait abandonner en territoire ennemi et se retrouve livré à lui même. Il est alors animé par le désir ardent de les retrouver pour se venger.

Pour se venger, il en faut de la violence. The Revenant ne fait pas dans la dentelle. La restriction au -12 ans est peut-être un peu légère tant le film peut parfois virer dans le gore. Certaines scènes pourront heurter la sensibilité des spectateurs par leur degré de réalisme.

Quel casting !

The Revenant est porté par la performance de Leonardo DiCaprio. Il ne possède pas énormément de lignes de dialogue. Si vous avez vu Wall-E vous comprenez alors que le dialogue n’est pas nécessaire à une excellente partition. Celle de Leo est avant tout physique et émotionnelle. Ses gémissements et ses cris de douleurs nous transpercent et nous permettent de vivre cette épopée à ses côtés. Nul doute qu’il est le premier en course sur la route à l’Oscar.
Tom Hardy livre lui aussi une prestation remarquable, au point qu’il est difficile de croire qu’il n’est seulement qu’un « second rôle ». Son regard, ses paroles et ses actes sont radicaux. Un antagoniste intimidant autant pour les personnages que pour les spectateurs. Lui aussi pour être sacré lors des Oscars 2016 dans le meilleur second rôle masculin. 
Will Poulter dans le rôle de Jim Bridger n’est pas en reste non plus. Son tiraillement entre sa hiérarchie et son humanité sont aussi au coeur de l’intrigue. Une expérience qui confirme qu’il va falloir compter sur lui ces prochaines années.

Criant de réalisme

Le film explore plusieurs thèmes. Bien évidemment au regard du synopsis et des images lorsque l’on est en salle, les deux plus évidents restent la vengeance et la survie. Mais au delà de ça, le film nous questionne aussi sur la place de l’homme dans la nature. Elle peut-être tantôt cruelle mais aussi bienfaisante, affreuse puis majestueuse. Mère nature nous est montrée sous toutes ses formes. The Revenant en devient limite une oeuvre contemplative tant vous vous régalerez devant les plans figés magnifiques du réalisateur mexicain. Ce dernier peut d’ailleurs remercier son directeur de la photographie, Emmanuel Lubezki, qui a tenu à ce que The Revenant soit tourné sans lumières artificielles. Une requête qui a rendu le tournage laborieux, DiCaprio le décrivant comme le plus compliqué de sa carrière, mais qui au final porte ses fruits. Car les tableaux que nous offrent Alejandro G. Inarritu contribuent de manière significative au succès visuel du film et le rendent criant de réalisme.

C’est toi bon Dieu ?

Avec The Revenant, Alejandro G. Inarritu traite de la dualité et de la spiritualité. On a deux personnages que tout oppose. Fitzgerald (Tom Hardy) est froid et dénué d’espoir. Il est la personnification du pessimisme. Il ne supporte pas le peuple indien et selon lui, Dieu n’existe pas. Glass est aux antipodes de son ennemi. Malgré son état critique, il s’accroche à la vie. Les apparitions de sa femme dénotent chez lui un côté spirituelle. D’ailleurs de nombreux événements appuient ce côté religieux chez lui. Alejandro Gonzalez Inarritu aborde cette question du mysticisme en usant des plans en contre-plongée. Ce procédé, appliqué à The Revenant, marque le regard de l’homme tourné vers le ciel. C'est autant une façon de montrer la petitesse de l'homme fasse à la nature. Et c'est à cette échelle que le personnage de Leonardo DiCaprio vit son aventure. Une aventure du corps mais aussi de l'esprit. Avec The Revenant, Alejandro G. Inarritu touche notre conscience. 

The Revenant Trailer VOSTFR

 

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Au delà des thèmes de la vengeance et de la survie, The Revenant est un film beaucoup plus profond. Abordant la question de la foi mais également de la place de l’homme dans la nature. The Revenant est un film puissant et poignant mené par un réalisateur qui a mis le cinéma à ses pieds et porté par le duo Leonardo DiCaprio/Tom Hardy qui nous offrent un épique et émouvant morceau de bravoure. Splendide !

Sujets : The Revenant Leonardo DiCaprio Tom Hardy Alejandro Gonzalez Inarritu critique The Revenant

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