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Critique Le Garçon et la Bête : Une magnifique histoire entre un maître et son élève

Dans Critiques par MehdinhoElBarr, le 13 Jan. 2016 à 21:06

Le film d'animation Le Garçon et la Bête est sorti le 13 janvier 2016 dans les salles françaises (Gaumont). Voici notre critique.

Tout d'abord, Le Garçon et la Bête, "Bakemono no Ko" en version originale, est un film d'animation sorti le 11 juillet 2015 au Japon. Il est réalisé par Mamoru Hosoda qui est notamment connu pour avoir fait Digimon film 1 et 2, le film One Piece : Le baron Omatsuri et l'île secrète ou plus récemment le très touchant Les Enfants Loups, Ame et Yuki.

C'est sans trop de surprise le studio Chizu qui est en charge du film : Le Garçon et la Bête. En effet, ce studio est celui que Mamoru Hosoda a créé en 2011 après être parti de Madhouse

De Shibuya à Shibentenmachi, de l'élève au maître.

L'histoire se déroule entre deux mondes, à savoir, le notre plus précisément à Tokyo dans le quartier de Shibuya, et le monde des créatures surnaturelles nommé Shibutenmachi.

On commence avec une très jolie introduction qui nous explique ce qui se passe actuellement dans le monde des bêtes. On apprend donc que le seigneur de ce monde souhaite quitter son poste pour se réincarner en divinité. Deux prétendants sont donc opposés pour reprendre le trône, il y a tout d'abord Iôzen, très aimé dans tout le royaume qui est accompagné de ses nombreux disciples ainsi que ses deux enfants : Ichirôhiko et Jirômaru. Le deuxième prétendant se nomme Kumatetsu aussi agile qu'un singe (mais c'est un ours), solitaire et très paresseux, il n'est pas très aimé dans le royaume. Le seigneur lui explique que pour avoir une chance de prendre sa place, il lui faudra un disciple.

Parallèlement dans le monde des humains, vit Ren, un enfant de 9 ans qui vient de perdre sa mère. Ses parents étant divorcés et n'ayant pas de nouvelles de son père, il doit rejoindre une famille d'accueil. Mais ce n'est pas ce qu'il souhaite et prend donc la fuite pour se retrouver seul dans le quartier de Shibuya à Tokyo. Il croisera brièvement Kumatetsu dans les rues qui est venu faire un tour dans le monde des humains en espérant trouver un disciple. Ren remarquera que Kumatetsu n'est pas humain, et le suivra discrètement jusqu'au Shibutenmachi. Il ne saura pas comment revenir à Shibuya (dans un premier temps) et restera à Shibutenmachi pour devenir l'élève de Kumatetsu. S'en suit une quête initiatique pour le jeune Ren qui sera renommé « Kyûta » en référence à son âge. Le film se scinde en deux parties très distinctes, la première étant l’entraînement de Ren et la seconde étant celle de Ren tiraillé entre les deux mondes.

Durant toute l'aventure, on a une opposition entre Ren et Kumatetsu car les deux héros ont de très forts caractères mais se complétant tout deux tellement bien que l’on s'attache rapidement à ce duo. Ren voit un père en Kumatetsu et Kumatetsu voit un fils en Ren. Pendant 8 ans, et sans relâche ils s'entraîneront pour devenir plus forts car si Ren ne sait pas se battre, Kumatetsu lui est très têtu. Chacun apporte à l'un un savoir-faire et un savoir-être non négligeable pour devenir imbattable. On a donc le droit à des scènes très touchantes qui nous font ressentir la joie ou la tristesse comme dans tout animé Japonais. Les protagonistes voyageront à travers le Shibutenmachi et on découvre avec stupéfaction la beauté des paysages.

Les combats sont très réussis, il est vrai que ce n'est pas un Son Goku vs Vegeta ou Luffy vs Rob Lucci. Mais c'est très propre et on sent bien la puissance dans chaque coup porté. Mention spéciale aux pouvoirs des bêtes mais on ne vous en dira pas plus dans cette critique.

"Kyûta, tu dois tenir ton sabre avec le cœur !" 

Côté technique, c'est très joli et simple à la fois, l'intro du film en est l'exemple parfait, elle vous plonge directement dans l'ambiance et on sent bien là la patte de Mamoru Hosoda. La réalisation est complètement maîtrisée ainsi que de très bonnes mises en scène comme par exemple quand Ren et Kumatetsu se battent sur la montagne le tout sur un couché de soleil. Ou encore le combat du tournoi.

On a le droit à un quartier de Shibuya très fidèle à celui que l'on connaît tous de par sa population très présente dans les rues et aussi avec quelques placements de produits qui sont sans doute présents pour rendre la ville encore plus crédible. Mais c'est surtout le monde des bêtes qui est magnifique, chaque endroit que Ren et Kumatetsu visiteront est sublime. Ses paysages qui ressemblent énormément aux quatre coins de notre monde ont tout de même leurs propres identités.

Durant le film, on a le droit à des séquences 3D qui s’intègre très bien dans l'animation. On a toujours peur qu'un réalisateur en abuse un peu trop mais Hosoda a très bien fait cela.

On ajoute à tout ça une bande son sublime signée Takagi Masakatsu pour nous faire voyager pendant deux heures aux côtés de Ren/Kyûta et Kumatetsu ce qui est un pur plaisir.

On sent dans ce film d'animation une très forte inspiration qui n'est pas pour déplaire à Karaté Kid (1984) ni aux buddy movies des années 80-90.

Pour finir, le film suit le chemin classique de tout bon shônen qui se respecte. Celui du jeune enfant qui suit un parcours initiatique ayant pour but de faire de lui un héros avec une profonde compassion pour son prochain et ainsi faire parler son cœur. Après tout, le premier exercice de Ren donné par Kumatetsu est de tenir son sabre avec le cœur.

Avec Le Garçon et la Bête, Mamoru Hosoda entre dans la cour des grands. Avec son troisième film à succès les Enfants Loups, Ame et Yuki ainsi que le départ de Miyazaki-sama (co-fondateur du studio Gibli), Hosoda a de fortes chances de devenir la nouvelle tête de Dragon des films d'animations japonais.

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Vous l'aurez compris, Le Garçon et la Bête est LE film d'animation de ce début d'année, Mamoru Hosoda nous propose un shônen qui nous tient en haleine du début à la fin avec des thèmes très importants comme la famille et l'apprentissage de la vie. Des scènes très drôles et des scènes très émouvantes seront présentes tout au long de ce film. Le développement des personnages fait que l'on s'attache et s'identifie très rapidement à l'un des protagonistes. La mise en place de la 3D est réussie avec brio. La bande originale quant à elle est magnifique. Petit bémol concernant la VOST qui n'était pas présente dans la salle de cinéma. Le Garçon et la Bête ou « Bakemono no Ko » est un film que l'on vous recommande pour les grands et les petits.

Sujets : Le Garçon et la Bête Bakemono no Ko Gaumont Film d'animation Japonais Momoru Hosoda Anime Manga Critique film animation Critique

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