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Critique The Hateful Eight : Le grand art selon Tarantino

Dans Critiques par Curry, le 07 Jan. 2016 à 21:05

The Hateful Eight arrive en France quelques semaines après sa sortie US. Le nouveau Tarantino vaut-il le détour ? Verdict.

Quelques semaines après la sortie américaine, The Hateful Eight - on se passera de Les 8 Salopards - débarque dans nos salles françaises. Un projet qui semblait perdu d’avance puisque, rappelons le, The Hateful Eight n’était pas prêt de voir le jour. Le script du huitième film de Quentin Tarantino avait fuité sur le net en janvier 2014. Après avoir pensé à adapter son histoire en film, puis en série télé, Quentin Tarantino s’est finalement ravisé et a annoncé que The Hateful Eight verra bel et bien le jour sur grand écran.

Chapitre 1 : Il tire les ficelles

The Hateful Eight picture

Dans The Hateful Eight, on suit John Ruth (Kurt Russel), un chasseur de primes, qui est menotté à Daisy Domergue (Jennifer Jason Leigh), une hors-la-loi. Il est chargé de la livrer à la justice de Red Rock pour qu’elle puisse se faire pendre et ainsi toucher la prime de 10 000 $. En raison d’un blizzard, le duo va devoir s’arrêter dans la mercerie de Minnie, une auberge où d’autres personnalités plutôt intrigantes on également fait une halte. Rapidement, la méfiance se fait ressentir et John Ruth suspecte certains des occupants d’être de mèche avec Daisy Domergue.

Sans chercher à se renseigner sur le réalisateur du film, on devine aisément que c’est du Tarantino. Quand bien même le film a une durée de 2h54, l’ennui ne nous envahit jamais. Et pourtant c’est un huit-clos qui se déroule sur une nuit. La lassitude aurait pu se faire ressentir. Il n’en est rien. Quentin Tarantino a cette faculté à maintenir le spectateur constamment concentré. On regrette quand même une première partie un peu poussive. The Hateful Eight n’est pas exempt de tout reproche. L’oeuvre de Quentin Tarantino peine à surprendre. C’est un style que le metteur en scène a déjà exploré par le passé. Ce huitième film est une sorte de crossover entre Django Unchained et Reservoir Dogs. Du déjà vu mais terriblement efficace.

Chapitre 2 : Il sait qui appeler

The Hateful Eight picture

Quentin Tarantino a toujours su s’entourer des meilleurs comédiens pour ses films. De Uma Thurman à Steve Buscemi en passant par John Travolta ou Brad Pitt, le metteur en scène nous donne une tâche en moins à effectuer lors de l’analyse de ses films puisque le jeu d’acteur est, bien souvent, à son apogée. Il existe bien entendu certains habitués de la maison. On pense bien évidemment à Samuel L. Jackson, Tim Roth et Michael Madsen. Les trois gaillards font partie de la distribution de The Hateful Eight. Ils interprètent respectivement le Marquis Warren, Oswaldo Mobray et Joe Gage et de la meilleure des manières. Ils permettent d’élever le niveau de part leur présence, certes, mais d’autre par l'éventail de leur compétences. Ils livrent un jeu d’acteur spontané mais parfaitement convaincant.

Le reste du casting possède encore de grosses pointures. L’autre tête d’affiche est Kurt Russel qui incarne John Ruth alias le Bourreau. Quel plaisir de le revoir dans une rôle qui le met en lumière. On retrouve Bruce Dern dans le rôle du marshall raciste et Demian Bichir dans la peau de Bob le Mexicain. Je ne m’attarde pas sur ses personnages car, dans l’ensemble, il n’y a rien à signaler.

Néanmoins, le personnage du Sheriff Chris Mannix joué par Walton Goggins m’a laissé un peu perplexe. Son côté un peu « débile" ne m’a pas vraiment convaincu. Peut-être est-ce du à la version française ? Il y a de fortes chances. Pour finir, je tiens à saluer Jennifer Jason Leigh dans son rôle de Daisy Domergue. Beaucoup aurait été tenté de sur-jouer en interprétant le personnage mais ce n’est pas son cas. Elle apporte une sobriété à un protagoniste qui n’est que folie et démesure. Paradoxal mais brillant !

Chapitre 3 : Le style ? Il en fait son affaire

The Hateful Eight picture

Quentin Tarantino c’est avant tout un style. Qu’il soit visuel ou narratif. The Hateful Eight ne fait qu’appuyer cette vérité. On retrouve dès les premières images un générique façon Pulp Fiction. Comme ses semblables, ce huitième film de Q.T. est segmenté en chapitres. Une manière de conter son récit qui lui a valu la palme d’or en 1994 pour le désormais culte Pulp Fiction. Il faut avouer que ce parti pris favorise grandement l’immersion du spectateur dans l’intrigue. On se sent plus concerné. Bien évidemment cela fait partie d’un tout. Le cadrage des plans est impeccable et confère au film un équilibre absolu. On pourra noter par ailleurs la présence des fameuses cigarettes Red Apple que l’on retrouve dans la majeure partie de la filmographie de Quentin Tarantino, si ce n’est toute sa filmographie.

Pour finir, The Hateful Eight c’est également une photographie, des décors et des costumes d’une qualité presque imperfectible. Une réussite due au travail de Robert Richardson, Yohei Taneda et Courtney Hoffman. Ajoutons à cela la bande son d'Ennio Morricone qui se pose tout en haut de cette oeuvre monumentale qu'est The Hateful Eight et vous obtenez un tout habillé par ce qui est désormais une des marques de fabrique de Quentin Tarantino, l’exagération dans la violence. Un grand moment de cinéma !

The Hateful Eight Trailer VOST

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Avec The Hateful Eight, Quentin Tarantino confirme qu'il est bien l'un des meilleurs réalisateurs de sa génération. Son oeuvre est dotée d'une réalisation soignée qui, mêlée à des costumes, une photographie et une bande son de haute volée, frôle la perfection. Un film intelligent nous offrant aussi bien des dialogues saisissants que de l'action savamment maîtrisée. Du Tarantino dans toute sa splendeur pour un moment de cinéma dont on ne se priverait pour rien au monde. Encore un classique !

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