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Critique Pixels : Les Geeks ont le pouvoir

Dans Critiques par Curry, le 23 Juil. 2015 à 02:46

Pixels de Chris Colombus débarque en salles. Le film qui utilise d’anciens jeux cultes des bornes d’arcades vaut-il sa petite pièce ? On vous dit tout.

En 2010 débarquait sur la toile le court métrage Pixels de Patrick Jean. La vidéo nous montrait ce qu’il adviendrait du monde si il était attaqué par des extra-terrestres ayant l’apparence des anciens héros de jeux-vidéo et la faculté de pixeliser les objets. À l’époque Pixels avait été un véritable phénomène sur la toile. Ce qui a forcément donné des idées à Sony Pictures qui a décidé d’adapter le court-métrage au cinéma. C’est Chris Colombus qui s’est occupé de la réalisation du film. Le bonhomme a réalisé des « classiques » du cinéma comme Maman J’ai Raté l’Avion, Harry Potter à l’École des Sorciers et a participé à l’écriture du scénario des Gremlins et des Goonies.

Un pitch de base qui n’est qu’un prétexte

Difficile de se dire sur quelle base le film pourrait être construit en partant seulement de quelques minutes de vidéos. Mais les scénaristes sont payés pour trouver des idées de départs qui permettent d’en développer un film complet. Pixels démarre à l’année 1982. On y suit deux amis, Sam Brenner et Will Cooper qui se rendent à l’ouverture d’une nouvelle salle de bornes d’arcade pour y découvrir des nouveaux jeux. En s’essayant à Pac-Man ou Centipede, le petit Sam se rend vite compte qu’il est plutôt doué. Son ami Will le pousse ainsi à s’inscrire au championnat du monde d’arcade durant lequel il rencontre le « Surdoué » Ludlow et affronte Eddie l’auto-proclamé « Carbonisateur ». À l’issue de ce tournoi, les bornes sont envoyés dans l’espace en espérant qu’une forme de vie extraterrestre les récupère.

Et c’est ce qui se passe, mais les aliens considèrent ceci comme une déclaration de guerre, prennent l’apparence de ces jeux et proposent à la terre de se battre en rejouant des parties de jeux-vidéo à taille humaine. Les forces militaires font alors appel aux Arcader 30 ans plus tard afin de sauver le monde. Vous l’aurez remarqué le pitch de base en lui même sert de prétexte à la réalisation du film comme bon nombre de projets ces dernières années. Pixels manque quand même d’action. Avec un catalogue de jeux-vidéo pareil, les studios et Chris Colombus auraient pu se permettre de se lâcher un peu plus. D’ailleurs ce dernier abuse trop des ellipses temporelles (bond dans le temps). Il y a des événements qui s’enchaînent trop vite et qui laissent certains détails sans explications. Bien entendu on est pas dans un Fincher ou un Tarantino donc on en attend pas non plus un jeu de piste, Pixels est avant tout là pour nous divertir et c’est mission accomplie. Mais le réalisateur aurait gagné à accompagner un peu plus le spectateur tout au long du film.

Pixels movie cast

Geek Powa

Pixels est intéressant dans sa mise en scène du combat contre les envahisseurs tout au long du film. Le film est construit comme une partie de jeu-vidéo en s’appuyant sur le système de vies. Le film devient alors une borne d’arcade géante dans laquelle les scores des Arcader dessineront le sort de la planète. On est dans une cours de récréation vidéo-ludique bourrée de références que les plus geeks d’entre vous s’amuseront à dénicher avec joie. La présence, même furtive, de certains personnages vous fera sourire du coin de la bouche car ils évoqueront des souvenirs inébranlables de votre vie de gamer. J’ai ressenti dans Pixels la volonté de mettre en avant la communauté geek justement. Le réalisateur les rend spéciaux et indispensables à la survit de notre monde. (Y’a du vrai là dedans, hein les gars ?!).

Chris Colombus a aussi la particularité d’avoir travaillé sur certains des meilleurs films de notre enfance comme les Goonies ou les Gremlins et insuffle au film un peu de cette magie qui faisait la force des films des années 80/90. Le scénario n’est certes pas bien étoffé mais il possède quelque chose de candide qui nous fait voir Pixels comme un simple moyen de se divertir. Le film s’offre même le luxe, très rapide, de faire la comparaison entre les jeux de l’époque et ceux d’aujourd’hui en diffusant quelques images de The Last of Us. Sony forcément ! Des clins d’oeil à d’autres films sont glissés dans le film, le plus flagrant étant celui de la vieille dame faisant de la gym pendant qu’un « Pixel » détruit sa chambre en arrière plan. Elle évoque de suite la séquence de Mars Attacks! où la vielle dame écoute Indian Call Love de Slim Whitman pendant que les martiens tentent d’introduire un canon laser dans sa chambre.

Donkey Kong Pixels Movie

Un humour qui fonctionne

C’est toujours délicat de parler du casting. Suivant certains films, c’est vraiment un ressenti personnel. Pour Pixels, l’équipe s’est avant tout entouré d’acteurs comiques. On rit beaucoup dans Pixels et l’humour est agréable. Il n’est pas trop agaçant et est assez bien dosé. C’est avant tout grâce à la cohésion du casting. Le jeu de couple d’Adam Sandler et Michelle Monaghan commencent très tôt et se poursuit durant tout le film sans être trop présent. Peter Dinklage se détache de son rôle de Tyrion Lannister. Il apporte le côté « Bad Guy » du film et un humour décalé. Kevin James est un peu effacé dans son rôle de président. En fait, il apporte le côté sérieux qui n’est pas forcément attendu dans le film. Enfin, Josh Gad est l’atout humoristique numéro un de Pixels. Certains diront qu’il en fait trop d’autres qu’il faut des personnages de son genre pour habiller un film. Il y a un peu de vérité dans les deux mais par moments ces gags sont ennuyants. Malgré cela, le casting est bien amené et fonctionne comme l’enduit qui vient fortifier les fondations du film. Le reste du casting est invisible, Sean Bean et Brian Cox ont leur petite minute de gloire mais on les oublie aussitôt.

La bande annonce de Pixels

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Pixels est un hommage bienvenu à la communauté geek, un film jouissif et divertissant qui passera peut-être inaperçu de nos jours mais qui prendra de la valeur avec le temps. Un peu comme nos vieilles cartouches de SNES ou N64.

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